Ligne de non-retour

En aviation, lors du décollage d’un appareil, on a établi une limite, une frontière que tout bon pilote connaît. On a baptisé cette limite : la ligne de non-retour. Elle sert à indiquer aux pilotes jusqu’où ils sont autorisés à arrêter l’appareil en cas de problème avant un décollage. Si un quelconque appareil franchit cette limite, il doit absolument décoller au risque de s’écraser en bout de piste.

Pour moi, qui ne suis pas pilote, la ligne de non-retour est, au même titre qu’en aviation, une limite à ne pas dépasser sous peine d’avoir à travailler très fort pour obtenir de nouveau la permission d’atterrir dans l’aéroport de mon âme.

Établir ses limites de façon générale exige un certain affrontement, une sorte de confrontation. Tracer cette ligne de non-retour fait appel à notre capacité de refuser, à notre orgueil et notre fierté. Généralement, ce sont les expériences personnelles, les obstacles que nous avons traversés et notre force mentale qui génère cette voix intérieure qui nous crie : «C’est assez!». Bref, plus vous aurez fait appel à cette capacité, plus il vous sera facile d’y faire appel de nouveau.

À première vue, vous vous demandez peut-être à quoi peut bien servir une telle frontière outre de démontrer une certaine force de caractère ou même d’avoir le dernier mot. Question légitime, mais plutôt simple à répondre : En aviation, cette limite sert à protéger les occupants de l’appareil et les civils au sol. En ce qui concerne vos limites personnelles, elles servent à protéger votre tête et votre cœur sans lesquels vous serez incapable de fonctionner normalement.

Même si parfois je peux dégager l’image de quelqu’un d’implacable, il m’arrive d’avoir de la difficulté à tracer ces lignes de non-retour. Certaines personnes ou même certains aspects de notre vie nous mènent parfois à repousser la ligne de non-retour plus loin sur la piste et d’autres fois à l’instaurer plus tôt. Toutefois, peu importe où se trouve la ligne sur la piste, la conséquence au dépassement de celle-ci doit toujours être la même et appliqué de la même façon au risque de perdre votre crédibilité ou même qu’on essaie de dépasser la ligne une seconde fois.

Malgré ce travail intérieur minutieux, il y aura toujours des appareils qui réussiront à franchir cette limite aux risques de faire un accident et de ne plus pouvoir voler. Malheureusement, vous n’agissez qu’à titre de contrôleur aérien, vous définissez les règles et appliquez les conséquences, mais vous ne pouvez empêcher les transgressions.

«Attention, attention, embarquement immédiat du vol 404 à destination de Gabriel.»

En vous souhaitant un bon vol.

Le prof.

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