LES TRAINS

Ça fait maintenant quelques personnes que je croise qui me demande quand je publierai mon prochain billet sur mon blogue. Je dois admettre que c’est très flatteur de savoir qu’on me suit et qu’on me lit de la sorte. Pour être très honnête quand j’ai commencé à écrire sur ce blogue, je ne savais pas trop où je m’en allais. Je me disais simplement que c’était une belle façon de partager mes apprentissages comme nouvel enseignant. Puis, au fil du temps, cette page s’est transformée en un recueil réflexif. Un endroit où j’y écris mes pensées, mes sentiments et les leçons que la vie m’apporte en souhaitant que cela puisse faire en sorte que quelques-uns d’entre vous, chers lecteurs, évitent de faire les mêmes faux pas que j’ai faits. Je dois admettre que je sais bien, au fond, que malgré toute cette lecture vous devez vous-même apprendre de vos erreurs, tout comme moi…Peut-être est-ce ma façon, bien à moi, de vous faire comprendre qu’il y a tant de leçons et d’apprentissages à tirer de chaque page qu’est le grand livre de votre vie…

Dernièrement, je fais face au syndrome de la page blanche, l’inspiration ne vient pas. Non pas qu’il manque d’événements dans ma vie, au contraire, il en surgit probablement trop à la fois. Étrangement, je me sens tout de même «zen» à travers tout ça… Je crois avoir réussi à changer mon approche avec ce qui m’arrive et je me sens grandir.

J’ai constaté, il n’y a pas si longtemps, que nous marchons tous en suivant un rail de voie ferrée, c’est notre vie, le chemin que nous devons suivre à pied. Auparavant, lorsque j’entendais le sifflement d’un train se rapprochant sur ma voie ferrée, je me campais bien solidement sur mes deux pieds en me disant que j’allais bien réussir à l’arrêter en lui faisant face, en le confrontant, j’avais tort. Il faut être bien prétentieux pour arriver à croire que l’on peut arrêter un train à main nue…

Un jour, alors que ma voie ferrée croisa celle d’une autre personne, nous entendîmes le train qui sifflait au loin et qui fonçait droit vers nous. Bien fidèle à mes habitudes, je me campai solidement sur mes deux pieds, prêt à confronter ce train qui arrivait à toute vitesse. Puis, du coin de l’œil, j’aperçus mon récent compagnon fuir les rails de quelques mètres et s’asseoir tout simplement, observant le train arriver, le sourire aux lèvres.

Une fois le train passé, j’allai voir ce drôle de personnage qui s’arrête constamment pour observer les trains qui passent toujours sur la voie ferrée de sa vie, le forçant sans cesse à s’arrêter. «Mais qu’est-ce que tu fais?» lui demandais-je, «Pourquoi n’affrontes-tu pas ces trains qui foncent constamment sur toi et qui t’empêche toujours d’avancer?».

Il me répondit ceci: «Pourquoi devrais-je affronter, ce qui, d’une façon ou d’une autre arrivera quand même? Ces trains qui passent chaque jour ne m’empêchent point d’avancer, jeune inconnu, ils me forcent simplement à faire une pause et à constater le chemin que j’ai parcouru sur ces rails. La semaine passé, lorsque j’entendais les trains siffler, ils ne mettaient que quelques secondes à me rejoindre, avant-hier c’était cinq minutes et aujourd’hui sept minutes, je me rend compte que j’avance. Bien sûr, parfois le train est court et très rapide, d’autres fois il est long et très lent, mais chaque fois, il finit par passer et je peux continuer ma route. Toi, jeune inconnu, pourquoi attends-tu les trains de pieds fermes? N’es-tu pas épuisé de tous ces combats quotidiens? N’es-tu pas rongé par l’anticipation du prochain train? Peut-être serait-il temps que tu acceptes qu’il y aura toujours des trains, n’as-tu donc pas remarqué que nous marchons sur une voie ferrée? Il serait bien surprenant que d’y croiser des bateaux…»

Je ne savais pas trop quoi répondre, les paroles de ce personnage m’atteignaient droit au cœur. Et s’il avait raison? J’entendis le sifflement, encore, d’un autre train qui s’approchait, l’inconnu avec qui je discutais me fit un sourire. J’allai le rejoindre pour m’asseoir à ses côtés, nous observâmes le train passé en se laissant bercer par la mélodie des roues sur les rails…

Le prof.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Blog at WordPress.com.

Up ↑

%d bloggers like this: