L’AMOUR : LANGAGE UNIVERSEL

Le bruit que fit la roue de ma voiture en se heurtant à un de ses nombreux nids de poule qu’abrite le grand Montréal me sortit rapidement de mon état lunatique. Il faut dire que depuis quelque temps, je me sens complètement dépassé par les événements. C’est comme si la vie se déroulait plus vite que ma capacité à la suivre peut le gérer. J’ai cette étrange sensation d’être en mode automatique et de me réveiller à certains endroits ici et là. Tantôt j’étais au travail et hop! Me voilà chez moi. C’est à peine si je me souviens de comment je suis rentré à la maison. Ça doit ressembler à ça, la dépersonnalisation. Enfin, le retour de ma grand-mère allait sûrement me faire du bien, que je me dis, en route vers l’aéroport de Montréal.

Je réussis à stationner la voiture peu après avoir traversé le labyrinthe pour m’y rendre. Je me surpris alors à penser que certaines personnes devaient rester prises des jours en tournant en rond dans ce foutu cirque de routes qui s’entrecroisent et de panneaux de circulations qui se contredisent. J’arrivai finalement à la porte des voyageurs arrivant.

J’étais beaucoup trop en avance sur mon temps; ma grand-mère devait arriver pour 18h15 et il était à peine 17h15, moi qui est si patient en plus… Je pris donc mon mal en patience et me trouva un endroit tranquille où m’asseoir. J’avoue qu’à mes habitudes, je n’aurais pu résister à l’envie de prendre mon cellulaire et de perdre mon temps sur ce dernier. Toutefois, ces temps-ci, j’ai besoin de me sentir plus connecté à la réalité qu’à mon téléphone.

L’amour est un langage universel que l’humain comprend déjà à sa naissance.

Je me mis donc simplement à observer ce qui se passait autour de moi. J’observais les voyageurs qui revenaient à la maison. À l’arrivée de certains d’entre eux, des enfants accouraient en criant de bonheur jusque dans les bras des arrivants. J’assistais à de très belles scènes depuis mon siège plus ou moins confortable. Puis il y a eu cette jeune femme, peut-être danoise, ou belge, je ne saurais dire, qui à l’arrivée de son amoureux s’est effondrée littéralement en larme de joie. J’arrivais à sentir son cœur battre la chamade à travers chacune de ses larmes. C’était si beau, je me surpris même à avoir les yeux pleins d’eau alors que je ne connaissais même pas cette dame. Tantôt c’était des Français, puis des Africains et des Algériens. Tous s’échangeaient des caresses et des bises en fonction de leur culture et de leur religion.

C’est exactement à ce moment précis que je compris toute l’universalité et la profondeur de l’amour, le vrai. L’amour est un langage universel que l’humain comprend déjà à sa naissance. L’amour semble inscrit dans notre code génétique, certes nous pouvons en apprendre certaines conventions et certaines normes, mais la racine est déjà bien présente en nous, dans sa forme la plus simple. Je crois que l’humain a ce besoin fondamental d’aimer et d’être aimé tel qu’il est.

Comment se fait-il alors que certaines personnes soient si détestables ? Comment se fait-il alors que des gens puissent sembler nous vouloir du mal ? Comment se fait-il que des relations d’amour, d’amitié se transforment-elles, à travers le temps, en relation nocive et destructrice ?

Plus souvent qu’autrement, notre égo, ce besoin de contrôle, ce besoin d’être valorisé plus que l’autre et cet égocentrisme vient polluer notre besoin d’amour. L’égo, dans sa peur éternelle d’être laissé à lui-même, s’accroche au confort que la relation apporte plutôt que de nous laisser vivre l’amour dans toute sa simplicité. Vous avez du mal à me suivre ? En gros, nous pensons trop. L’amour ne se vit pas avec la tête! La meilleure des relations est, selon moi bien entendu, celle vécue à travers un véritable « lâcher-prise ». Facile à dire n’est-ce pas ? Avouez qu’à la seule idée d’accepter de ne pas avoir le contrôle, il y a déjà un inconfort qui s’installe. Pourtant en acceptant de ne pas avoir le contrôle, vous fermez la porte à la jalousie, à la possession et au sentiment d’abandon. Vous laissez toute la place à la confiance, à la liberté et au respect du besoin d’espace de l’autre.

Ma grand-mère traversa alors la porte des arrivants, fière de son beau teint basané. Finalement, peut-être était-ce moi qui avais besoin de ce voyage à l’aéroport…

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