L’ANGE DÉCHU

Étendue sur le dos au milieu d’un désert de vies qui grouille de mille et une trajectoires. J’observe le ciel que j’ai tenté d’atteindre plus d’une fois, mais j’ai volé si haut que je me suis brûlé les ailes. Cloué au sol, je ne suis que l’ombre d’un ange qui a tenté de trouver son paradis. Gabriel, Gabriel, ange de cœur, ange du ciel, prisonnier de la gravité, victime d’un monde qui a perdu l’essentiel, d’une société malade et cruelle. Je ne suis plus qu’un ange sans aile et je ne suis plus un ange sans elles.

L’instabilité m’a gagné, l’équilibre ne m’intéresse point, pourquoi voudrais-je marcher sur mes deux pieds ? La vie est tellement plus magnifique lorsqu’on a appris à planer. Si le temps s’envole alors suivons-le, nul n’est à l’abri de ce dernier, mais si nous le protégions de l’homme, peut-être pourrions-nous vivre au rythme des automnes. Je me cherche ici et là, mais je ne me trouve plus ici-bas, j’ai croisé tant de routes, peut-être me suis-je perdu ? Crise d’identité ou crise d’intensité ? Peut-être me suis-je trop cru ? Mais quelle était cette idée folle de vouloir voler l’immensité ? Alors me voilà, au pays des âmes errantes et des rêves perdus, coincés entre les salaires et les « qui l’aurait cru ».

Mon père, mon père aidez-moi à trouver ma voie, aidez-moi à retrouver ma joie. Il pleut de vos larmes sur moi, et tombe, et tombe les gouttes du pourquoi. Si le ciel était pour moi, alors la noirceur était mon toit et la lumière des étoiles mon émoi. Plume de pan, plume de sang, laissez-moi exprimer mes blessures, pardonnez mes péchés et mes parjures, rare sont ceux qui percent mon armure et pour cette raison je n’aurai guère de censure, mais qui sont donc ces humains, ces drôles de créatures ? Ils se croient au-dessus de toute nature et osent même parler de nature… humaine.

Ici tout doit avoir une raison, tout est matière à question, on a du mal à comprendre les concepts de l’acceptation et c’est pourtant là que commencent la plupart des guérisons. Seigneur pardonnez leurs maux, que je tente d’adoucir de mes mots. Et s’ils se croient normaux, c’est qu’il ne faut pas les prendre aux mots. L’homme est à l’arbre, qu’un jeune et petit rameau. Leur naïveté est à la fois leur plus grande arme et leur meilleure vertu ; source des plus grands drames et de beaucoup de causes perdues.

-Le prof

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