Le prof aux jambes de feu

Récemment, j’ai couru mon premier semi-marathon. 21km de course sous la pluie froide du mois d’avril, à travers les bourrasques de vent et les champs détrempés du petit village de St-Grégoire.

L’entraînement que j’ai suivi pour atteindre cet exploit n’a pas toujours été de tout repos. Lorsque je parle de mes courses aux gens, ces derniers ont tendance à m’imaginer courir sous un chaud soleil du mois de mai, le grand sourire aux lèvres. La réalité reste toute autre. J’ai toujours adoré le sentiment d’accomplissement qui suit une bonne course intensive, je me sens vivant, au sommet de ma personne et en pleine possession de mes moyens. Toutefois, la motivation ne m’envahit que très rarement lorsque j’enfile mes chaussures. C’est plutôt ma discipline et mon amour propre qui font que je réussis à sortir courir.

Depuis quelque temps, je me suis mis à comparer ma profession d’enseignant à mon nouveau titre de demi-marathonien. En fait, quand j’y réfléchis, je trouve une panoplie de liens entre ma profession et mon sport de prédilection. Sans compter que j’ai commencé à courir et à enseigner environ en même temps.

Il y a maintenant plus ou moins cinq ans que je pratique ce métier, le plus beau des métiers. Tout comme avec la course, j’ai souvent dû composer avec les bourrasques de vent et j’ai parfois dû affronter quelques averses. Je me suis parfois arrêté en me disant que je n’atteindrais jamais mon objectif, je me suis découragé et je me suis même parfois demandé si c’était fait pour moi.

La plupart des gens pensent à la course comme une discipline qui n’est purement que physique, mais le défi est tout aussi mental je vous l’assure. L’abandon revient souvent nous hanter sous toutes ses formes pour tenter de nous séduire.

 

« Voyons Gabriel, tu as déjà couru 12km, c’est suffisant… »

 

« Allez, Gab, on pourrait sortir ce soir et prendre quelques verres, tu peux toujours remettre ta course… »

 

J’ai non seulement dû changer mes entraînements, mais j’ai sacrifié également plusieurs habitudes alimentaires, je me suis attaqué à mes cycles de sommeil et surtout, surtout, j’ai travaillé. J’ai couru quand je ne le sentais pas, j’ai couru quand j’avais mal aux jambes parce que ça faisait déjà trois jours en ligne que je courais et j’ai encore couru quand je n’y croyais même plus.

Quand je regarde derrière moi, je vois tous les kilomètres parcourus, mais je vois également tout le chemin que j’ai parcouru en enseignement. Là aussi, dans ma profession, j’ai dû sacrifier certaines choses. Là aussi, je me suis attaqué à mes mauvaises habitudes. Là aussi, j’ai continué d’avancer même lorsque je n’y croyais plus.

Je n’ai pas de regret.

Certains de mes choix ont été douloureux, d’autres ont été bénéfiques et je cours toujours en direction de la ligne d’arrivée de ma carrière. Dans ma course, j’ai eu, et j’ai toujours la chance de faire avancer des élèves sur quelques kilomètres, parfois sous la pluie, parfois sous le soleil.

Il y a combien de temps que vous avez enfilé vos chaussures ?

Le prof

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