POURQUOI J’AI DÛ QUITTER L’ENSEIGNEMENT ET ME CHOISIR.

Je n’en connais pas un, j’ai beau chercher et chercher, mais je n’y arrive pas. Je ne connais aucun enseignant qui souhaite quitter la profession de son plein gré. C’est logique lorsqu’on y pense, l’enseignement est l’une des professions où l’expression « don de soi » prend tout son sens. Pourtant ils sont des centaines à quitter la profession chaque année. J’ai même été l’un d’entre eux, l’un de ceux qui en sont venus à se dire : « Ce n’est pas pour moi… »

Pourtant, dans la grande majorité des cas, ce n’est pas nous qui ne sommes pas faits pour la profession, mais à l’inverse, c’est la profession qui n’est pas faite pour nous. Je m’explique : La plupart des enseignants, moi compris, ont quelques valeurs communes, ils sont, pour la plupart d’entre eux, généreux, ils croient beaucoup en la jeunesse et veulent léguer quelque chose à leur prochain. Ne nous leurrons pas, le système scolaire québécois n’encourage pas toujours ces mêmes valeurs et dès l’entrée en fonction d’un nouvel enseignant, la réalité peut frapper rapidement. Est-ce qu’il faut pour autant laisser tomber ses rêves d’enseignant ? Certainement pas. Cependant, un recul peut parfois s’avérer nécessaire pour quelques personnes.

Dans ma situation, comme dans plusieurs autres j’en suis sûr, c’est la surcharge de travail, une équipe dysfonctionnelle et une réalité beaucoup moins rose que ce qu’on avait pu me décrire qui sont venues à bout de moi. L’arrêt de travail s’est transformé en changement d’emploi. J’avais besoin de prendre ce recul, cette distance pour mieux comprendre ce qui s’était passé, j’avais besoin de faire autre chose pour un temps. Certaines personnes peuvent croire que c’est facile de se retirer, mais concrètement, il faut avoir suffisamment de courage pour mettre de côté son orgueil et se dire qu’on apporterait beaucoup plus dans un meilleur état mental.

Très vite, l’enseignement et mes élèves m’ont manqué. Mon besoin de changer le monde à ma façon s’est également fait entendre très rapidement. Ma pause m’a entre autres permis de me rendre compte que j’étais fait pour ça. Comme quoi, il faut parfois reculer d’un pas pour être en mesure d’en faire deux vers l’avant un peu plus tard. C’est donc environ neuf mois plus tard que je cognais à nouveau à la porte de l’éducation. Cette fois avec une idée très juste de ce qui m’attendait. Je suis donc arrivé dans un tout autre environnement avec des nouveaux collègues, une nouvelle école et de nouveaux étudiants, c’était un nouveau départ.

Je ne regrette en rien, mais absolument en rien, mon premier départ. Il fallait que je le fasse, pour moi. Ça m’a permis de revenir dans l’éducation mieux armé, mieux préparé et sur un territoire que je connais. Le jeune enseignant de 28 ans que j’étais en commençant a eu l’occasion de réfléchir, d’acquérir une certaine maturité supplémentaire.

Est-ce que j’ai eu peur lorsque j’ai quitté ? Oui. Après tout j’adorais ce que je faisais. Cependant, il n’y a pas une profession, aussi honorable soit-elle, qui justifie l’échange de votre état mental contre un salaire.

Un enseignant heureux est un enseignant qui saura transmettre sa joie de vivre et son plaisir d’enseigner à ses élèves. De même que l’enseignant blasé et maussade transmettra sa noirceur à ses élèves. Le choix est vôtre : que désirez-vous transmettre ?

Le prof.

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