Quel genre de prof êtes-vous ?

Depuis le début de ma carrière en enseignement, un terme revient souvent dans le cadre des mille et une discussions que je peux entretenir dans une semaine : le travail d’équipe. Le travail en équipe est un travail effectué par un groupe dans un climat d’entraide et de coopération spontanée. (Wikipédia)

Bien que cette dernière définition puisse paraître assez simple à comprendre, le travail d’équipe n’en reste pas moins un défi considérable pour tout être humain. Que cela soit plus facile ou plus difficile pour vous, travailler de concert avec d’autres personnes implique des défis personnels pour tous les membres de ladite équipe. De plus, il est complètement faux de croire que toutes les équipes ont le même potentiel. La plus belle analogie que j’aurais à offrir serait celle d’une équipe de hockey. Même si, individuellement, les joueurs de la LNH possèdent les aptitudes requises pour joindre la ligue, les formations ne gagnent pas toute la coupe Stanley…

J’ai été dans toutes sortes d’équipes depuis le début de carrière, des équipes fonctionnelles, des équipes complètement dysfonctionnelles et des équipes en grand remaniement. Dans chacune de ces équipes, on retrouve (presque) toujours les mêmes rôles.

1er rôle – L’émotif :

Il y en a toujours un ou une minimalement. Vous savez bien de qui je parle n’est-ce pas ?

On se demande toujours si ce collègue dort à l’école. Il arrive souvent en premier et repart toujours en dernier. Son dévouement ne passe jamais inaperçu, cependant quand la fatigue le rattrape, nous passons souvent très près de le perdre. Nous pouvons toujours compter sur elle ou lui. Néanmoins, nous avons tendance à le prendre pour acquis. De temps en temps, il faut lui rappeler de s’arrêter et qu’il a le droit de prendre une pause. Ce collègue mettra tout ce qu’il a dans son travail. Au risque d’y laisser sa santé. Son dévouement pour l’équipe est sans égal, mais s’il ne ralentit pas, son apport pour l’équipe ne sera que temporaire…

2e rôle – Le « punch in / punch out »:

Ce collègue, contrairement au premier rôle, n’en fera jamais plus que le client en demande. Il s’organise pour faire son travail et il le fait bien généralement. Néanmoins, il est déjà dans la porte de sortie lorsque la cloche sonne. S’il commence à 8h00 le matin, il n’arrivera pas avant 7h50. Le « punch in / punch out » n’est pas un mauvais collègue, mais n’attendez pas un service de sa part, vous devrez lui demander. Sa réponse dépendra de son humeur du jour. J’ai connu des collègues qui se donnaient trop et qui, à force d’efforts démesurés, sont devenus des « punch in / punch out ». Certains, cependant, sont naturellement ainsi. Cela peut s’avérer être une force dans un système scolaire qui nous en demande constamment plus.

3e rôle – La « gère-mène » (prononcé Germaine)

Je vous vois déjà sourire; avez-vous un nom en tête ? Vous l’aurez sans doute compris, la « gère-mène » aime bien gérer. Son besoin de se sentir supérieur aux autres n’a d’égale que son trop bien caché narcissisme. Attention par contre, même la « gère-mène » a des qualités. En effet, même si cette dernière a la fâcheuse tendance de nous dire quoi faire et comment le faire, elle n’en demeure pas moins une bonne gestionnaire (parfois). « Gère-mène » se permet trop souvent de nous demander des comptes, elle vous demandera votre matériel de cours (sans le mot magique évidemment) et elle vous dira comment faire votre travail. « Gère-mène » est un gestionnaire manqué, ce n’est pas de sa faute, son leadership a besoin de sortir! C’est juste que parfois « Gère-mène » gosse vraiment. Des fois on aurait le goût d’y dire de se mêler de ses affaires. Malgré tout, « Gère-mène » fait son travail et son leadership peut être payant pour l’équipe dans de bonnes circonstances.

4e rôle – L’incognito

L’incognito est difficile à repérer, en fait, quand on le croise, on se rappelle soudainement qu’on travaille aussi avec elle ou lui. L’incognito fait ce qu’il a à faire et ne se mêle jamais des cancans. En fait, il ne veut tellement pas se chicaner que sa peur des confrontations l’empêche d’exprimer sa véritable opinion. En réunion, on ne l’entend pratiquement jamais. Ce collègue a pour avantage de ne jamais être mêlé à des conflits, cependant, sa trop grande timidité l’amène à faire ambitionner sur lui (Bonjour Germaine!) et à ne pas donner le véritable fond de sa pensée. L’incognito aura tendance à ramer dans la direction qu’on lui indiquera. D’accord ou non, il préfère éviter de se prendre la tête, il s’organisera bien en fonction d’où on l’amène.

5e rôle – Le « dans mon temps »

Je ne souhaite à personne ce genre de collègue. Ce collègue ne veut tout simplement pas travailler en équipe. Le « dans mon temps » n’est pas paresseux, son défaut est plutôt de n’en faire constamment qu’à sa tête. Sa fermeture d’esprit face à l’opinion d’autrui est révoltante puisque même lorsqu’une idée pleine de gros bon sens est apportée, le « dans mon temps » s’en moque et continuera de travailler en silo. Réfractaire aux changements, contre-évolutif, si nous pouvions retourner à l’époque des coups de règles et aux écoles unisexes, le « dans mon temps » y retournerait volontiers. C’est lui qu’on entend trop souvent dire : « y’en avait pas de TDAH pis de plan d’intervention à mon époque, personne n’en est mort ». Le « dans mon temps » est blasé, la nouveauté et le changement lui font faire des crises d’urticaires et il ne part jamais assez vite à la retraite. Le « dans mon temps » est travaillant, mais désagréable.

6e rôle – Le « aimez-moi »

Il est tout à fait impossible de ne pas aimer ce collègue de travail. Ce n’est pas compliqué, il fait tout pour se faire aimer. Son besoin de se faire aimer et apprécier des autres en est presque maladif. Ce collègue est de nature serviable, il est pratiquement toujours habillé comme une carte de mode et les discussions avec celui-ci n’ont à peu près jamais de profondeur. Son estime de lui-même passe à travers le regard des autres collègues, de ses élèves et de ses patrons. De tous les rôles nommés, c’est généralement lui qui est le plus apprécié par les élèves. Sa force réside dans le fait qu’il prêt à tout faire (presque) en échange d’un « je t’apprécie beaucoup comme collègue », mais n’attendez pas de lui qu’il initie une conversation dans laquelle il y aurait des émotions d’impliquées. Cela risque de nuire à son image qui lui est si importante. Il se contentera plutôt de faire des blagues, de vous parler de météo ou même de son dernier week-end dans le Vieux-Québec.

7e rôle – Le « thérapeute »

Le thérapeute est un enseignant qui prône les relations humaines avant toute autre chose. Que ce soit dans sa classe ou avec ses collègues, le « thérapeute » est un bienveillant. Il cherche à ce que tout le monde autour de lui soit bien. Sa grande force réside évidemment dans sa volonté de transformer la planète en monde meilleur. Néanmoins, le « thérapeute » a la fâcheuse tendance à être naïf et à croire aux licornes. Le « thérapeute » voit du positivisme partout. Autant cela fait parfois du bien, autant quelques fois on aimerait qu’il se choque un peu contre certaines injustices. Malgré tout, le « thérapeute » est un véritable baume dans une équipe de travail.

Je vous entends déjà me dire qu’on ne peut simplement pas profiler tout le monde comme ça ou qu’il s’agit d’une panoplie de préjugés en canne. Cependant, je vous répondrai que personne ne correspond qu’à un rôle type. Généralement, nos coéquipiers correspondent plutôt à un mélange de deux ou trois profiles mélangés.

De plus, il faut savoir que j’ai poussé mes profils de collègues au maximum pour en faire ressortir les grandes lignes, les caractéristiques dominantes. De plus, loin de moi l’idée de me prendre pour un psychologue ou même un profileur quelconque. Les rôles que j’ai ressortis ici ne sont que le fruit de ce que j’ai pu moi-même observer avec le temps. Il se peut très bien que vous ayez pu observer d’autres profils que je n’ai pas relevés ici.

Cela étant dit, trouver l’équipe de collègues gagnante n’est pas chose simple. La recette à concocter nécessite un mélange presque parfait. Dans ces temps de pénurie d’enseignants, le défi est d’autant plus de taille.

Alors ? Votre équipe, elle ressemble à quoi ?

Le prof.

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