La pomme pourrie

La pomme est le fruit qui est le plus associé aux enseignants. Quand on y pense, l’image est très symbolique et assez représentative.

Une pomme c’est généralement synonyme de santé, d’ailleurs comme le dicton le veut: “une pomme par jour éloigne le docteur pour toujours”. Même si le système d’éducation au Québec est plutôt gangrené et mal en point, les enseignants qui le portent à bout de bras lui permettent de survivre, du moins, pour l’instant. Comme quoi les enseignants, tout comme les pommes, peuvent faire des petits miracles. La pomme est aussi un beau symbole de simplicité, on n’a rien à lui ajouter pour qu’elle soit comestible ou qu’elle nous fasse de l’œil. En fait, elle n’a qu’à exister et atteindre sa maturité. À chaque début d’année scolaire, c’est le temps de la cueillette des pommes. Chaque année, en marchant à travers les pommiers, je prends toujours 5 minutes pour cueillir la plus belle et la savourer instantanément. C’est un petit plaisir simple, agréable et relaxant. J’éprouve d’ailleurs le même plaisir lorsque j’écoute un enseignant d’expérience me raconter toutes sortes d’histoires rocambolesques qu’il a vécu.

Malgré toutes ses belles qualités, le problème avec la pomme, c’est qu’elle peut pourrir rapidement, surtout si elle est en contact avec d’autres pommes pourrîtes. Malheureusement, c’est un peu le même phénomène qui se produit chez les enseignants. Un ego un peu échaudé par des conclusions trop vites tirées et vous avez une recette gagnante pour pourrir une équipe de travail. Je le répète souvent à mes élèves: “Une salle de profs, c’est aussi pire qu’une salle de classe, on y retrouve les mêmes rôles : les timides, les leaders et même les chialeurs”. Heureusement, il n’y en a pas tant, chez les profs, des pommes pourrîtes. Néanmoins, la pandémie et les conditions de travail de plus en plus difficiles provoquent plus de fatigue et d’épuisement qu’auparavant. Ces derniers facteurs constituent un beau terreau fertile pour corrompre même le plus dévoué des enseignants.

Avec le temps, j’ai remarqué qu’il y avait deux classes de pomme quant à la façon dont leurs propriétés se corrompent. D’abord, il y a la pomme qui s’assume, celle qui n’est plus bonne et qui l’affiche clairement. Au moins, le message clair, on essaie de l’éviter et souvent on essaie de la mettre de côté pour ne pas qu’elle n’infecte d’autres pommes. Puis, il y a la pire des deux, celle qui semble belle à l’extérieur, mais qui nous réserve la surprise pour la première bouchée. Il est souvent trop tard quand on se rencontre de son état, le mal est fait.

Le truc pour conserver les pommes et les empêcher de se corrompent, tout comme les enseignants, c’est de les laisser dans des conditions favorables à la progression de leur maturité respective. La nature est ainsi bien faite. De bonnes conditions de travail jumelé à un sol riche en reconnaissance et en encouragements donneront les meilleurs fruits. Qui plus est, les meilleurs fruits, à leur tour, donneront les meilleurs arbres pour que le cycle puisse continuer.

À méditer,

Le prof.

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